• Jeudi, mai 23rd, 2013

J’ai donc commencé mes fonctions de Rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité le 8 avril dernier. Un premier point d’étape s’impose !

Le Président de la République, lors de l’installation de l’Observatoire, nous a confié une première mission : réfléchir aux suites éventuelles à donner aux arrêts de la Cour de cassation de mars dernier « crèche Baby Loup » et « CPAM de Seine-Saint-Denis ».

Loin d’être évidente, la réponse doit être réfléchie mûrement et concertée. Nous avons donc commencé nos travaux par l’échange entre les 23 membres de l’observatoire : parlementaires de droite et de gauche, représentants des ministères et « personnalités qualifiées » (juristes, sociologues, philosophes, associatifs, etc.).

Je ne donnerai pas d’avis personnel ici et reviendrai vers vous sur ce point, sans doute à la rentrée. Cependant, certains regretterons que l’UMP ait déjà déposé une proposition de loi sur le sujet alors même que notre avis n’est pas encore rendu et que des parlementaires UMP participent à nos travaux.

Deux de nos membres, Laurence Loeffel et Alain Bergounioux, ont par ailleurs rendu un brillant rapport au ministre de l’Éducation Vincent Peillon sur « l’enseignement laïque de la morale » que je vous invite à consulter en cliquant ici. Là encore, j’y reviendrai plus en détails à la rentrée prochaine (nous étudierons plus précisément les programmes envisagés).

Plus largement, nous avons eu la chance d’accueillir Jean-Noël Jeanneney pour un rappel historique de la laïcité en France. Rappel très utile, tant on se rend compte que beaucoup de nos concitoyens n’appréhendent pas toujours ce concept, fondamental mais si particulier, de la meilleure des façons.

Alors, la laïcité, c’est quoi ? Pas si simple ! Mais, avant d’y revenir pour traiter de différents cas précis, rappelons déjà que la France a définit le principe de laïcité comme l’affirmation parallèle de la liberté de conscience —donc notamment de la liberté religieuse— et de l’égalité républicaine en ne plaçant aucune opinion au-dessus des autres, qu’elle relève de la religion, de l’agnosticisme, de la libre-pensée ou de l’athéisme.

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Nicolas Cadène

• Jeudi, mai 23rd, 2013

Un article du Midi Libre rappelle que certains membres du bureau fédéral des adhésions du PS gardois en sont membres alors qu’ils ne le peuvent pas pour des raisons purement statutaires (parce que membres d’autres instances fédérales). De fait, après vérification des nouveaux statuts, le journal dit vrai. C’est pourquoi j’ai demandé au premier secrétaire fédéral de refaire cette instance importante de la vie fédérale du PS en nous remplaçant. J’ai demandé ma démission de cette instance dès lors que cette « refonte », à la proportionnelle des motions, serait actée. Nous devons être irréprochables.

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Pour info, les nouveaux statuts :

« Article 4.2.2
Le Bureau fédéral des adhésions. Dans chaque fédération, le congrès fédéral élit un Bureau fédéral des adhésions, constitué à parité de femmes et d’hommes et distinct des autres organes de la fédération, dans des conditions conformes aux articles 1.4.2 des statuts. Le nombre de membres du Bureau fédéral des adhésions est fixé par le règlement intérieur de la fédération ou, à défaut, par le congrès fédéral. Les membres du Bureau fédéral des adhésions ne peuvent être membres d’aucune autre instance fédérale. Le Bureau fédéral des adhésions veille au respect de l’ensemble des dispositions relatives aux adhésions, il délivre les cartes d’adhésion et établit en liaison avec la Commission fédérale de contrôle financier et les sections, la liste des adhérents par section. Il examine l’évolution du nombre d’adhérents dans les sections et peut interroger celles-ci sur les variations du nombre de leurs adhérents. Il peut être saisi par le Premier secrétaire fédéral, un Secrétaire de section, un adhérent ou un demandeur d’adhésion, de difficultés liées à l’adhésion. »

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• Lundi, avril 08th, 2013

Par arrêté du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, j’ai l’honneur d’avoir été nommé rapporteur général de l’Observatoire de la Laïcité, dont la présidence a été confiée à Jean-Louis Bianco. Cet observatoire est composé de quatre parlementaires et de dix personnalités désignées en raison de leur compétence et de leur expérience. Il assistera le Gouvernement dans son action dans le domaine de la laïcité, pourra être consulté sur tout texte réglementaire ou législatif et pourra proposer toute mesure qui lui paraîtra nécessaire. En présence du ministre de l’Intérieur Manuel Valls, du ministre de l’Éducation nationale Vincent Peillon et de tous ses membres, l’Observatoire a été officiellement installé par le Président de la République ce lundi matin à l’Élysée.

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Dans la Gazette de Nîmes du 11 avril :

La Gazette 11.04.13

 

 

 

 

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• Mardi, avril 02nd, 2013

Mardi 2 avril, l’ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac a reconnu devant les juges avoir un compte à l’étranger. Cette affaire n’a qu’un seul aspect positif : elle confirme que la justice française est à nouveau indépendante et rappelle qu’aucun citoyen n’est au-dessus des lois. A la différence de la présidence Sarkozy, ici, aucune pression sur les juges, la justice a suivi son cours. Mais ne le nions pas, cette affaire est dévastatrice pour toute la classe politique. Elle alimente le « tous pourris », le vote contestataire, et en particulier, malheureusement, d’extrême-droite. En affirmant devant l’Assemblée nationale en décembre dernier son innocence, Jérôme Cahuzac a commis, comme l’a très justement rappelé le président de la République, « une impardonnable faute morale ». Cette affaire sonne comme le rappel que l’exercice politique doit plus que jamais être irréprochable. La démocratie ne peut souffrir aucun compromis avec la morale publique la plus élémentaire.

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Nicolas Cadène

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• Dimanche, mars 24th, 2013
De tous temps, Nîmes s’est développée à partir de son écusson entouré de ses remparts puis de ses boulevards. Aujourd’hui, vouloir agrandir le centre-ville peut être une bonne idée, à condition de ne pas l’étouffer en l’isolant de tous les quartiers alentour. Contre tous, la mairie a pourtant décidé de fermer le passage au sud de l’esplanade, obligeant les Nîmois à de multiples détours en empruntant soit les rues escarpées au nord du Jean-Jaurès et du Gambetta, soit celles au sud de la préfecture et de la gare. Les désagréments ont été rappelés par la presse avec raison : pollution, embouteillages, risques d’accidents, circulation piétonne impossible, etc. Ré-ouvrir une seule voie à allure lente entre le square du 11 novembre et la rue Monjardin suffirait à relier l’ensemble des quartiers entourant l’écusson. Les résultats seraient immédiats et positifs pour tout le monde : une nouvelle circulation au sud favorable aux commerces, une circulation équilibrée et fluidifiée autour du centre-ville. Cela relève simplement du bon sens.
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Nicolas Cadène
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Réaction reprise dans le Midi Libre du lundi 25 mars :
article
• Mardi, février 12th, 2013

Le Président de la République a annoncé qu’une loi sur la reprise des sites rentables sera bien votée dans les prochains mois au Parlement. Durant la dernière campagne présidentielle, François Fillon déclarait qu’une telle loi serait « juste absurde ». De son côté, Nicolas Sarkozy ne voyait « pas l’intérêt de cette proposition ». Quant à Jean-Paul Fournier, secrétaire départemental et nouveau vice-président de l’UMP, en février 2012 au Sénat, il votait contre une proposition de loi empêchant les licenciements boursiers. A l’inverse de l’actuel maire de Nîmes, le Président de la République sait qu’il est temps de s’attaquer au problème des licenciements boursiers dans les entreprises qui réalisent des bénéfices.

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• Mardi, février 12th, 2013

Mariage Pour Tous :

« Pour : 329 – Contre : 229 – Abstentions : 10, le projet de loi est adopté ! ».

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• Vendredi, février 08th, 2013

P1000030-800x600Les derniers propos de Franck Proust, premier adjoint au maire de Nîmes surprennent. Défendre un second centre commercial en centre-ville alors même que les commerçants de la Coupole des Halles, mais aussi tous ceux des rues de l’écusson, connaissent de vraies difficultés, semble insensé économiquement. Faire venir une enseigne sur un type de produits spécifique, pourquoi pas. Mais en la matière, on peut douter de l’efficacité de la municipalité suite à ses précédents échecs face à de célèbres enseignes qui ont finalement préféré Montpellier. On a l’impression que le premier adjoint veut faire oublier aux Nîmois la politique brouillonne de la mairie en matière de commerces. La réalité, c’est qu’il faut arrêter de mettre en concurrence des commerces similaires entre le centre-ville et les zones périphériques, qu’il faut repenser le stationnement des voitures pour permettre un accès au centre, qu’il fallait un tram’bus qui desserve les zones clés de ce même centre sans en barrer l’accès. La municipalité, par son amateurisme en la matière, a pris le risque de tuer le centre-ville qu’il faut désormais réanimer d’urgence. Par ailleurs, j’en profite pour féliciter Franck Proust pour sa nomination en tant que rapporteur du texte présenté au Parlement européen sur l’avenir de l’automobile. Mais le cumul des mandats entre celui à la mairie de Nîmes et celui au Parlement de Strasbourg semble l’empêcher d’avoir les idées claires pour sa ville !
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• Mardi, janvier 29th, 2013

Mardi 29 janvier, la Garde des Sceaux Christiane Taubira et la Ministre déléguée à la Famille Dominique Bertinotti ont présenté le projet de loi sur « le mariage pour tous ».

C’est un nouvel engagement de François Hollande qui est tenu. Celui de la liberté de se choisir et de vivre ensemble, celui de l’égalité de toutes les familles.

Ce texte ne s’est pas fait sans concertation. Bien au contraire, les auditions au Parlement ont été nombreuses et les représentants de la société civile, qu’ils soient favorables ou non à ce projet, ont été écoutés.

En revanche, bien rare ou discrète était la présence des parlementaires de l’opposition UMP-UDI, qui pourtant ne se lassent pas d’aller sur les plateaux TV pour multiplier les contre-vérités. Les mots « père » et « mère » ne seront pas supprimés du Code civil, et surtout, le mariage homosexuel n’enlève rien au mariage hétérosexuel.

La droite ne s’oppose pas à la remise en cause de droits, elle refuse leur extension, elle s’obstine à ne les réserver qu’à une catégorie de citoyens.

Peut-être plus grave encore, la droite, occultant la réalité des familles homoparentales, refuse des droits à des enfants qu’elle choisit de ne pas voir.

Autrefois, le mariage était interdit à certaines confessions, comme chez nous le protestantisme. Ensuite, était interdit le divorce puis le divorce par consentement mutuel. Depuis deux siècles, l’évolution du mariage va vers l’égalité. Aujourd’hui, la majorité parachève cette égalité.

 

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• Lundi, janvier 28th, 2013

La droite s’est largement moquée de cette proposition de François Hollande lors de la campagne présidentielle et depuis son élection. Nicolas Sarkozy se déclarait même « défavorable à l’interdiction du cumul de mandat », prétextant de « l’utilité » d’avoir « un mandat local, proche du terrain »… Comme si un parlementaire ne devait pas être « proche du terrain » et devait se contenter de rester à Paris !

La France est le seul pays démocratique au monde a connaitre une telle anomalie institutionnelle, avec près des trois quarts des députés qui exercent plus d’un mandat à la fois. La pratique du cumul est plus de deux fois plus élevée qu’en Suède, le pays où la pratique est la plus fréquente en dehors de la France. Partout ailleurs, il est impossible de diriger une région tout en siégeant au Parlement. En Allemagne, les cumuls sont limités voire interdits dans certains Länder, et seuls environ 20% des parlementaires cumulent avec un mandat local. En Espagne, moins de 20% des députés ont un mandat local et seuls 7% sont maires. En Italie, seuls 7% des parlementaires ont un mandat local. Au Royaume-Uni, le chiffre tombe à 3% pour les membres de la Chambre des communes. Qui peut dire que les élus français seraient de plus grande qualité ? De si grande qualité, qu’ils pourraient, à l’inverse de leurs homologues étrangers, accomplir deux, voire trois tâches en même temps, et user d’un certain don d’ubiquité…

Personne.

Dernièrement, Alain Vidalies, le ministre chargé des relations avec le Parlement, a donc rappelé que « le texte sur le cumul des mandats sera présenté  en conseil des ministre le 27 février » prochain, avec pour objectif que ce texte soit définitivement adopté avant le 15 septembre, conformément à l’engagement de François Hollande.

• Samedi, janvier 26th, 2013

Je vous invite à lire le très beau discours de Jean-Louis Bianco prononcé lors de la conférence coorganisée avec l’ambassade d’Allemagne en Italie, à Rome au Palais Farnese, le 22 janvier dernier.

N’hésitez pas à le commenter !

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« « Les nouveaux horizons de l’Union européenne, vaste programme. La France, L’Allemagne et l’Italie. Est-ce que c’est un triangle ? Moi, il me semble que dans la construction de l’Europe et dans le couple franco-allemand, pendant très longtemps, la troisième pointe du triangle c’étaient les Etats-Unis d’Amérique. On se rappelle et aujourd’hui on sait mieux que le fameux préambule du Traité de l’Elysée qui a fait du chagrin au Général De Gaulle a été imposé par les Etats-Unis d’Amérique et par le président Kennedy lui-même. Je crois que les uns et les autres, Italiens, Français, Allemands et même Britanniques nous avons en partie dépassé cette époque, nous sommes des amis des Etats-Unis d’Amérique. Nous n’oublions pas leur rôle pour libérer notre continent, nous sommes des alliés mais nous sommes Italiens, Français, Allemands … des Européens.

Et dans le fonctionnement de ce qu’on appelle le couple franco-allemand, sans doute y a-t-il eu souvent par le passé, le sentiment d’une arrogance, d’une certitude. Je crois que ce sentiment ne doit plus exister, il ne doit plus être une réalité, l’Europe se construira avec la volonté de tous les pays qui voudront avancer sans exclusive et d’abord bien sûr trois des pays fondateurs qui sont
rassemblés ici ce soir. Je suis d’autant plus attaché à l’Europe, permettez-moi un mot personnel, qu’aucun de mes quatre grands parents n’était français. C’est pourquoi je me sens à la fois très français et très européen. Mon grand-père était italien comme mon nom l’indique, ma grand-mère était anglo-irlandaise – étonnant mélange- et de l’autre côté j’avais une grand-mère suisse et un
grand-père belge flamand. Voilà pourquoi encore une fois je suis vraiment heureux d’être ici ce soir et de retrouver en partie ce qui dans cet héritage est pour mille raisons pour moi le plus important, c’est à dire mes racines italiennes puisque ma famille vient d’un petit village du Piémont, de la province de Cuneo, qui s’appelle La Morra, où on fait le Barolo -pour ce qui ne connaissent pas La Morra, je suis sûr que tout le monde connait le Barolo !

Alors aujourd’hui je crois que l’Europe va mal et je dirai que si elle va mal ce n’est pas principalement, me semble-t-il, à cause des difficultés que le monde traverse et que l’Europe traverse encore plus singulièrement, liées à la crise et au déficit. Je crois que l’Europe va mal parce que nos peuples ont tendance à ne plus croire en l’Europe. C’est peut-être plus accentué encore en France mais il me semble que ce projet européen, cette réalité européenne dont nous avons tendance à oublier qu’elle est unique dans l’Histoire, et qu’elle est unique au monde. Ce projet, on ne le voit plus, le sens et la perspective on les a perdus, et la réalité est que l’Europe est trop souvent perçue comme une contrainte, comme une gêne, comme une obligation et pas comme un projet enthousiasmant et donc je crois qu’au-delà des questions institutionnelles qui sont importantes, des questions budgétaires et économiques, il faut que nous cherchions ensemble à retrouver le sens de l’Europe et à le redonner à nos compatriotes, à nos concitoyens.

Je disais à l’instant que je pense qu’il ne faut surtout pas commencer par le débat institutionnel. J’ai fait campagne dans mon pays, de toutes mes forces, pour le Oui au traité européen dit Traité Constitutionnel. Vous avez vu ce qui l’en est advenu dans notre pays, je pense que dans d’autres pays, je ne dis pas forcément l’Italie et l’Allemagne, un référendum aurait pu donner également un résultat négatif. Et nous nous sommes focalisés, partisans de ce traité et adversaires de ce traité, sur des questions certes importantes mais qui évacuaient beaucoup, évacuaient souvent le « pour quoi faire » et le « que faire » et dès qu’on parle de ces questions institutionnelles, on retombe dans ces difficultés. Il faut quand même les aborder bien sûr.

Il y a des personnalités éminentes en France qui pensent que le mot fédéralisme est un mot à ne surtout pas prononcer. Je ne suis pas de cet avis. Je suis pour une fédération européenne mais je ne commence pas mes discours et mes débats quand je parle à mes électeurs en parlant de fédération. J’y arrive, je ne pars pas de là.

Alors comment faire ? Puisque nous sommes un jour anniversaire, regardons un instant l’histoire, remémorons nous le fameux papier Lamers- Schäuble de 1994, rappelons-nous aussi le discours de Joshka Fisher à l’université Humboldt. Chacun avec leurs auteurs, avec leurs époques, avec leurs styles, ils ont marqué un moment clé de l’histoire européenne et je n’hésite pas à dire que ce
moment clé a été manqué notamment par la France. Ce qui est intéressant dans ce que Karl Lamers, Wolfgang Schäuble ont dit comme Joshka Fisher c’est qu’ils se préoccupaient entre autre chose, mais Karl me dira si je me trompe ou non, de ce que serait l’avenir d’une Europe à 26, 27, 28, 29, 30. Il yavait cette idée de gouvernabilité de l’Europe qui imposait, disait Karl Lamers et Wolfgang Shäuble, disait Joshka Fisher, de faire un saut vers un noyau dur, vers une fédération d’Etats-Nations. Donc pour avancer, je crois qu’il faut d’abord comprendre, regarder nos différences. Nous sommes ici à Rome avec un public qui, très certainement connait bien l’Italie, la France et l’Allemagne. Nous croyons nous connaître, avec beaucoup d’échanges, mais nous sous-estimons parfois les différences culturelles. Je n’en citerai qu’une : les Français ont l’idée que les Allemands sont disciplinés et les Allemands ont l’idée que les Français ne sont pas disciplinés. Pour qui connait l’école, les collèges allemands et français, on a plutôt l’image inverse. Et quand un papa ou une maman dépose son fils à l’école, il/elle lui dit « travaille bien » et le parent allemand lui dit « viel Spaß ». C’est un détail, ça peut vous sembler une anecdote mais ça montre que nous devons connaitre nos différences et les comprendre parce que nous sommes héritiers, chacun d’entre nous, chacun de nos trois pays en particulier, d’une histoire certes en partie commune, certes avec un patrimoine commun, mais nous sommes différents. Il faut connaître ces différences pour bien se comprendre. Différences qui font d’ailleurs la force de l’Europe.

Je crois qu’au-delà de cette nécessité de connaître et de comprendre, nous devons nous efforcer de construire beaucoup plus activement l’Europe des peuples. Beaucoup de choses ont été faites, en particulier dans la coopération franco-allemande, en particulier avec un programme comme Erasmus, mais je pense que nous devons rechercher toutes les manières d’aller plus loin et d’ailleurs ça se passe déjà dans nos sociétés civiles ; des jumelages autres que des jumelages de collectivités locales. Moi je rêve d’une Europe où il faudrait avoir passé six mois ou un an dans un autre pays européen pour avoir le diplôme du niveau du baccalauréat. Je rêve d’une Europe où chacun de nos collégiens passerait au moins plusieurs semaines dans l’année dans un autre pays européen et ainsi de suite.

Il faut aussi avoir un vrai programme de croissance. C’est quelque chose qui a commencé à se faire, c’est quelque chose, cher Karl, qui ne nous dispense pas des réformes structurelles, nous tous les pays européens – ceux en tout cas qui ne l’ont pas fait ou pas fait complètement – mais je crois que nous ne surmonterons la crise que si nous avons une vraie perspective de croissance et de relance et je sais que Emma Bonino, avec d’autres, a signé un papier remarqué ou l’on parle à la fois d’ Europe fédérale et d’une Europe de la relance.

Il faut aussi construire une gouvernance, comme on dit aujourd’hui, économique, européenne, démocratique. Ça veut dire qu’il y aura là-dedans, et c’est ce qui ne plait pas trop aux français, de gauche comme de droite, un partage de souveraineté. Je préfère dire un partage que des abandons parce qu’en étant ensemble on reconquiert une souveraineté sur l’extérieur et sur les marchés. Mais
un partage de souveraineté. Ceci ne pourra être accepté, me semble-t-il, par nos peuples, dans toute l’Europe, que si cette gouvernance est démocratique, c’est-à-dire si au-delà du rôle des ministres des finances, au-delà du rôle des représentants permanents, au-delà du rôle des conseils des chefs d’Etat et de gouvernement, nous avons une implication beaucoup plus forte du parlement européen et des parlements nationaux. Des progrès ont déjà été faits avec le fameux semestre européen, il faut aller beaucoup plus loin, pour qu’on réfléchisse ensemble aux perspectives budgétaires, pour qu’on discute ensemble des hypothèses économiques, pour qu’on commence à regarder, ensemble, où sont les différences et les divergences qui pourraient compromettre la stabilité budgétaire et la croissance économique de l’Europe.

Il faut aussi, me semble-t-il, construire une communauté européenne de l’énergie. Je n’arrive pas à comprendre, en tout cas je suis choqué de voir que nous nous présentons en ordre dispersés face aux grands pays producteurs de gaz et de pétrole. Après tout, les pays producteurs de pétrole ont su, à peu près, depuis 1973 et l’OPEP, s’unir et il est quand même dommage que nous Européens ne
soyons pas capables de faire un front commun. Mais au-delà de ça, une Europe de l’énergie – nous sommes très différents sur le nucléaire et nous ne nous convaincrons pas les uns les autres à ce stade- par contre, nous voulons un autre modèle de développement, un modèle de développement durable et soutenable , ce qu’on appelle la transition énergétique, d’autres manières de faire nos villes, d’autres modes de transports, rechercher l’efficacité énergétique, développer les énergies renouvelables, dans tous ces domaines-là, je crois que l’Europe pourra apporter un plus aux initiatives nationales et que ce plus serait visible et contribuerait à construire l’avenir.

Il faut aussi essayer, et c’est difficile, de faire des pas en avant vers l’Europe sociale –c’est un mot que les Français notamment emploient souvent et auquel il est difficile de donner un contenu concret parfois. J’ai noté avec intérêt que dans la déclaration commune de Berlin de ce jour, entre la chancelière Angela Merkel et le président François Hollande, il avait été décidé de travailler sur ces questions et je m’en réjouis.

Et puis, parce que la politique de concurrence est à la fois quelque chose de très important et de parfois difficile à comprendre – c’est une discussion que j’ai eu le plaisir d’avoir, à de nombreuses reprises, avec M. Monti, et qui sont des questions passionnantes pour moi – je pense malgré tout que l’Union Européenne est la seule zone au monde à avoir érigé comme principe l’interdiction des aides d’État pour les entreprises. Je pense qu’il faut d’autres critères, il faut videmment la concurrence, je ne le nie pas, je le sais, il faut d’autres critères que la taille des parts de marché ou les aides d’État. Nous avons à réfléchir pour continuer à avoir une politique de
concurrence qui stimule l’innovation, pour avoir une politique de l’innovation qui ne soit pas un désavantage comparatif par rapport à d’autres zones du monde. Bref, avec tout ça il faut bâtir ce que nos amis allemands disent, appellent « Ein Wir-Gefühl », le sentiment d’être ensemble, le sentiment d’appartenance.

Et puis je terminerai sur une histoire que François Mitterrand aimait à citer, et d’autres que lui d’ailleurs ; ce sont deux hommes, des maçons, qui construisent un mur et on demande au premier homme, au premier travailleur, au premier maçon : « Qu’est-ce que tu fais ? », « Tu vois bien, je construis un mur ». Et on demande au second, « Qu’est-ce que tu fais ? », il dit : « Je construis une cathédrale ». »

• Vendredi, janvier 04th, 2013

Cher-e-s Internautes !

Permettez moi de vous souhaiter à toutes et tous une très belle année 2013 !

Je voudrais qu’elle soit pour la France une année de création d’emplois, de progrès social et de fraternité populaire. Qu’elle soit aussi une année d’espoir retrouvé, en particulier pour la jeunesse. Et au-delà de celle-ci, qui incarne l’avenir vibrant et inquiet de notre beau pays, pour tous, d’où que nous soyons, quoi que nous fassions, nous qui faisons jour après jour vivre ce pays précieux.

C’est le souhait émis par le Président de la République et le Premier ministre. L’ensemble du Gouvernement est donc mobilisé en ce sens, chacun, à son niveau, y travaille.

Comme vous tous, je suis très attentif à l’action de notre majorité et je souhaite des changements concrets et rapides dans notre vie de tous les jours.

J’ai conscience que par ma présence au sein d’un cabinet ministériel, je dois peut-être plus que d’autres y être attentif, parce que c’est cet objectif qui doit conduire, à tous les niveaux, mon action professionnelle.

Aux côtés de Guillaume Garot, Ministre délégué à l’Agroalimentaire, nous devons faire face aux difficultés économiques nouvelles, trop nombreuses, qui touchent depuis quelques années les entreprises de ce secteur qui fut longtemps préservé. Secteur clé, puisqu’il s’agit du premier pourvoyeur d’emplois dans l’industrie française (500.000 environ).

Dans le département du Gard, nous sommes mobilisés sur plusieurs dossiers tels que les Salins du Midi à Aigues-Mortes ou Moncigale à Beaucaire.

Pour les nombreux dossiers que nous traitons, les résultats ne sont malheureusement pas toujours très visibles ni très rapides. Mais nous tenons à rester sur le « pont » pour expliquer, entendre, porter les projets, accompagner les initiatives. Jamais nous ne baissons les bras.

Si l’État ne peut pas tout, il peut et doit être un appui considérable et un facilitateur indispensable à la réussite de projets collectifs. Nous entendons remplir pleinement et utilement ce rôle.

La méthode du Gouvernement est le dialogue, faire en sorte que tous les acteurs se rencontrent, se parlent, s’écoutent. C’est cela l’État facilitateur.

Désormais, depuis le retour de la gauche au pouvoir avec François Hollande, lorsque l’État est interpelé, il ne reste pas sourd, et il n’attend pas que la situation soit irréversible. C’est la volonté d’un État anticipateur. Dans ce cadre

Nous sommes à la fois volontaires et fermes sur nos principes, sur le « donnant-donnant », que prônait déjà -avec raison- Ségolène Royal lors de la campagne présidentielle de 2007.

Sur chaque dossier, l’État explore des pistes, des contributions, mais qui ne peuvent être concrétisées qu’en échange d’engagements clairs, pour l’emploi et le maintien des activités ou la création d’activités nouvelles.

Voilà en quelques mots ce que je souhaitais vous exprimer quant à l’action du Gouvernement, auquel je participe à mon petit niveau.

J’aurai à cœur de défendre cette action localement.

Et bien sûr, n’hésitez pas à me solliciter sur toute difficulté dans le secteur agricole et agroalimentaire gardois, puisque, au-delà des mes fonctions ministérielles, Stéphane Tortajada, nouveau 1er secrétaire fédéral du PS, a souhaité me confier cette charge dans la nouvelle direction locale de notre formation politique.

À nouveau, je vous souhaite une très belle année, et émets le vœu que réussissent nos projets collectifs pour une société plus juste et solidaire.

Nicolas Cadène

Vous trouverez ci-dessous le détail du programme du travail du Gouvernement pour le premier semestre 2013 :

> Le rétablissement des comptes publics est un préalable. Les chiffres définitifs du budget de l’Etat pour 2012 seront connus le 15 janvier. Ils conforteront la crédibilité de la trajectoire budgétaire. Une vigilance particulière sera nécessaire dans l’exécution de la loi de finances pour 2013. C’est la condition pour rétablir des marges de manœuvre et la contrepartie légitime de l’effort fiscal qui est demandé aux Français. À ce titre, comme le Président de la République l’a annoncé le 31 décembre, la contribution exceptionnelle sur les plus hauts revenus sera réaménagée pour tenir compte de la décision du Conseil constitutionnel, sans en changer le principe. Dès le printemps, les mesures d’économies seront précisées, notamment celles prévues dans le cadre du pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi, et la préparation du budget 2014 sera engagée. Cette procédure sera désormais plus exigeante et plus transparente, puisque placée sous le contrôle du Haut conseil des finances publiques, qui sera installé en mars.

> La bataille pour l’emploi est la première priorité de cette année 2013. Elle mobilisera l’ensemble du Gouvernement. Pour les emplois d’avenir, l’objectif est d’insérer 100 000 jeunes à la fin de l’année 2013. Le contrat de génération sera discuté dès la rentrée parlementaire, avec, pour objectif final, 500 000 embauches de jeunes en CDI et le maintien dans l’emploi de 500 000 seniors. Le Gouvernement souhaite également que la négociation sur la sécurisation de l’emploi débouche sur un accord ambitieux, qui ouvre aux entreprises les facultés d’adaptation dont elles ont besoin et apporte aux salariés les sécurités nécessaires. Le Gouvernement préparera un projet de loi sur ces sujets dès l’issue de la négociation. Les entreprises ont un rôle majeur à jouer dans cette bataille. Elles devront bénéficier du meilleur environnement et faire évoluer leur gouvernance.

> Les dispositions législatives permettant aux salariés de siéger dans les conseils d’administration, de mettre fin à certains comportements en matière de rémunérations et de protéger les entreprises contre les OPA hostiles, seront présentées en conseil des ministres avant la fin du premier trimestre.

> La bataille pour l’emploi exige de renforcer l’économie française. C’est le sens du pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi adopté le 6 novembre dernier. Les ministres concernés ont déjà lancé la mise en œuvre des 35 décisions du Pacte, qui se poursuivra activement. Le Gouvernement se réunira en séminaire en avril pour en dresser un premier bilan. Le Crédit d’impôt pour la Compétitivité et l’Emploi (CICE) est d’ores et déjà mis en œuvre. Quant au dispositif d’aide aux PME et ETI confrontées à des difficultés de trésorerie, il est applicable aujourd’hui. La réforme de la juridiction commerciale sera engagée. L’un des points fondamentaux du Pacte est la mise en place d’une nouvelle politique de filières. La conférence nationale de l’industrie sera rénovée. Inlassablement, le Gouvernement sera aux côtés des salariés confrontés à des restructurations d’entreprises, et interviendra, en lien avec les collectivités locales et les partenaires sociaux, pour anticiper et accompagner les mutations industrielles.

> Sur ce point, ce premier semestre permettra également de lancer la concertation préalable à la loi d’avenir sur l’agriculture, l’agroalimentaire et la forêt.

> La finance devra être mise davantage au service de l’économie. La Banque publique d’investissement, dont le Parlement vient de voter la création, tiendra son premier conseil d’administration dans les prochaines semaines, et la réforme bancaire sera débattue au Parlement dès le mois de janvier.

> Le Gouvernement poursuivra son action en faveur de la réorientation de l’Europe avec la mise en œuvre effective de l’union bancaire et l’approfondissement de l’intégration solidaire. Il faut mettre en œuvre la réorientation des fonds structurels, et les programmes d’investissement dans le cadre de la BEI et des project bonds. Il faut rechercher la conclusion d’un accord équilibré sur le cadre financier pluriannuel européen pour 2014 2020, préservant la PAC, l’innovation et les politiques de cohésion territoriale.

> Le Président de la République a placé la jeunesse au cœur de son mandat. C’est la préparation de l’avenir qu’il s’agit d’assurer. Le projet de loi de refondation de l’école de la République sera présenté au conseil des ministres du 23 janvier. Il instaure une véritable formation initiale et continue avec les écoles supérieures du professorat et de l’éducation. Il fait entrer l’école dans l’ère du numérique, rénove le système d’orientation et l’insertion professionnelle, et redynamise le dialogue avec les partenaires de l’école. Cette réforme sera mise en œuvre dès la rentrée prochaine, avec celle des rythmes scolaires, pour laquelle le Gouvernement a mis en place un fonds d’amorçage de 250 M€, qui permettra l’entrée dans la réforme d’un maximum de communes dès 2013. Le Premier ministre réunira un comité interministériel de la jeunesse le 21 février prochain.

> Les établissements d’enseignement supérieur et de recherche apportent une contribution essentielle à la compétitivité, à l’emploi, au redressement économique, ainsi qu’au rayonnement international de notre pays. Un projet de loi sera présenté en conseil des ministres en février, reprenant les conclusions des Assises.

> La préparation de l’avenir, c’est également une stratégie d’investissements. Conformément à l’annonce du Président de la République lors de ses vœux aux Français, cette stratégie à horizon de 2020 couvrira l’ensemble des enjeux essentiels pour notre pays : infrastructures numériques, hôpitaux, financement de la transition énergétique et de la rénovation thermique, infrastructures de transport, logement. Ce programme établira des priorités prenant en compte les capacités de financement public et privé. Dans ce contexte, le schéma national des infrastructures de transports, qui sera revu ce semestre, fixera le nouveau calendrier de réalisation des grands projets. Le Premier ministre proposera un nouveau calendrier de réalisation du réseau de transport du Grand Paris. Le Gouvernement veillera à ce que des investissements complémentaires améliorent rapidement la vie quotidienne des Français, notamment des Franciliens. Sans attendre, le Premier ministre vient de décider d’une réallocation de 2 milliards d’euros du programme d’investissements d’avenir.

> La préparation de l’avenir passe par la transition énergétique. Le débat ouvert le 29 novembre dernier se déroulera tout au long du 1er semestre 2013. La proposition de loi visant à préparer la transition vers un système énergétique plus sobre sera à nouveau débattue au Parlement en février prochain. Le chantier de la fiscalité écologique sera lancé. La réforme du code minier est engagée, pour une meilleure prise en compte de l’environnement et un partage plus équitable des bénéfices tirés des ressources.

> Le premier semestre 2013 sera également consacré à l’élaboration de la loi cadre sur la biodiversité, qui prévoira notamment la création de la nouvelle agence de la biodiversité annoncée par le Président de la République le 14 septembre 2012. Le grand chantier de la modernisation du droit de l’environnement est attendu par de nombreux acteurs industriels et décideurs publics locaux. Des Etats généraux auront lieu sur le sujet au mois de mai 2013.

> Le Gouvernement continuera d’agir pour améliorer la vie quotidienne des Français. Il s’agit d’abord d’améliorer le pouvoir d’achat. Le décret modifiant les règles de revalorisation du SMIC sera présenté avant la fin du mois de janvier. S’agissant des concitoyens les plus fragiles, le Premier ministre a annoncé les principales mesures lors de la conférence contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale des 10 et 11 décembre derniers. Un plan pluriannuel sera adopté lors du Comité interministériel du 21 janvier 2013. Il sera décliné en feuilles de route ministérielles et suivi tout au long du quinquennat.

> Le projet de loi relatif à la protection des consommateurs, qui sera présenté au conseil des ministres au deuxième trimestre, agira aussi sur le pouvoir d’achat des ménages.

> S’agissant du logement, la loi sur l’urbanisme et le logement permettra de lever de nombreux freins à la construction, de mieux réguler les loyers, de lutter plus efficacement contre l’habitat indigne, tout en engageant pleinement la France dans la logique de la ville durable et dense, pour rompre avec la consommation toujours plus importante des espaces naturels et agricoles. Après les premières mesures structurelles sur l’encadrement des loyers, sur le foncier public et sur la refonte des objectifs de la loi SRU, cette loi renforcera l’efficacité des leviers permettant d’atteindre les objectifs en matière de logements sociaux. Elle sera présentée en conseil des ministres en juin.

> Le Gouvernement poursuivra parallèlement ses travaux pour favoriser l’effort de construction privée et mettre en place le plan annoncé pour la rénovation thermique des habitations. Ces mesures auront également un effet positif sur l’emploi.

> Les Français demandent également de conforter le haut niveau de couverture du système de protection sociale, en le faisant évoluer en fonction des besoins nouveaux, et en rétablissant sa situation financière. Le Haut conseil sur le financement de la protection sociale remettra le résultat de ses travaux à partir du printemps. Le Gouvernement conduira les évolutions nécessaires dans la concertation, qu’il s’agisse de la politique familiale ou du système de retraites. Il faut également changer notre regard sur le grand âge. La loi d’adaptation de la société au vieillissement permettra de mieux accompagner les personnes concernées et leurs familles.

> Le Gouvernement adoptera une stratégie nationale de santé pour lutter contre les déserts médicaux et promouvoir l’accès, sur l’ensemble du territoire et sans obstacles financiers, à des actions de prévention et des soins de qualité plus efficients, en associant les professionnels de santé à cette démarche. Un comité interministériel du handicap se réunira au premier semestre pour arrêter les priorités de l’action gouvernementale dans ce domaine.

> Les Français attendent également de l’action publique qu’elle soit plus proche, plus efficace, et plus lisible. Cette préoccupation est au cœur de la stratégie de modernisation qu’il a été décidé de mettre en œuvre. Chaque ministre doit élaborer au premier trimestre 2013 un programme couvrant la période 2013-2015, pour simplifier l’organisation et le fonctionnement des administrations. Le Premier ministre rappelle qu’a été décidé le 18 décembre dernier un premier programme d’évaluation de 40 politiques publiques, dont les premières seront lancées dès ce mois de janvier.

> Le projet de loi de décentralisation sera présenté en conseil des ministres au mois de mars. Il permettra d’instaurer un véritable partenariat entre l’Etat et les collectivités, d’accroître l’engagement des collectivités locales, notamment des régions, au service de la compétitivité et de la croissance du pays, de simplifier l’action publique et de réaliser des économies en supprimant les doublons et en renforçant la mutualisation, et d’ouvrir une nouvelle étape pour la démocratie locale et la transparence du fonctionnement des collectivités. Il doit également renforcer l’armature urbaine de notre pays, avec la consécration du rôle des métropoles et des dispositions spécifiques à Paris, Lyon et Marseille. Il comportera des dispositions en matière d’égalité des territoires, pour répondre aux attentes fortes qui sont exprimées par les Français en direction des services au public dans les zones rurales ou défavorisées. Il faut redonner un nouveau souffle à la politique de la ville. Un comité interministériel se réunira en février. Les mesures concernant la remise à plat des zonages, la contractualisation et les nouvelles bases de cette politique, seront inscrites dans la loi.

> Concernant l’Outre-mer, le Gouvernement s’attachera notamment à mettre en œuvre les dispositions de la loi sur la régulation économique, pour lutter contre la vie chère. Il garantira un effort de soutien à l’investissement en 2013 équivalent à l’impact de la décision du Conseil constitutionnel, et formulera des propositions pour une réforme des dispositifs incitatifs, conformément à l’engagement pris lors du débat sur la loi de finances.

> Au plan des libertés et des institutions, plusieurs chantiers ont été engagés en 2012, qui doivent déboucher en 2013. L’objectif est d’abord de renforcer l’indépendance de la justice et l’efficacité de la politique pénale. L’année 2013 sera une année de grandes réformes, avec celle, constitutionnelle, du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), le projet de loi de lutte contre la récidive, qui sera présenté en conseil des ministres en juin prochain, et le projet de loi sur les relations entre la chancellerie et les parquets, qui le sera en février.

> Tirant les conclusions des travaux de la commission présidée par Lionel Jospin, le Gouvernement présentera au premier trimestre les dispositions relatives au non-cumul des mandats, ainsi qu’un projet de loi relatif aux modes de scrutin des élections sénatoriales. Une réforme de l’assemblée des Français de l’étranger est également en préparation.

> La rénovation de notre démocratie appelle plusieurs réformes ambitieuses en matière de communication. Le projet de loi sur l’audiovisuel prévoira de nouvelles règles de nomination des dirigeants des chaînes publiques, procédera au rapprochement entre le CSA et l’ARCEP, et tirera les conclusions de la mission sur l’acte II de l’exception culturelle. La mise en œuvre du plan pour l’éducation artistique et culturelle sera préparée.

> Un projet de loi relatif à la protection des sources des journalistes sera également présenté.

> Un projet de loi-cadre relatif aux droits des femmes sera présenté au mois de mai.

> Les débats au Parlement sur le projet de loi sur le mariage et l’adoption pour tous les couples débuteront à la fin du mois de janvier. L’adoption de cette loi constituera une avancée majeure pour l’égalité des droits.

> La reconnaissance de la diversité des modèles familiaux débouchera également sur un projet de loi sur la famille, qui sera présenté au mois de mars en conseil des ministres.

> Un travail interministériel a été engagé sur la base des propositions du professeur Sicard concernant la fin de vie. Des mesures seront proposées en mai 2013 et un projet de loi sera présenté avant la fin du mois de juin.

> La politique d’immigration et d’intégration poursuivra sa mutation, avec plusieurs échéances qui traduiront l’objectif du Gouvernement d’une politique à la fois juste, ferme et équilibrée. Le premier débat sans vote relatif à l’immigration aura lieu au Parlement au premier trimestre. La politique d’intégration, qui fait actuellement l’objet d’un rapport qui sera remis ce mois-ci au Gouvernement, sera également refondée.

> Dans le champ de la sécurité publique, les prochains mois seront consacrés au déploiement des nouvelles zones de sécurité prioritaires.

> L’année 2013, enfin, sera celle du nouveau Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale, qui sera achevé à la fin du mois de février et donnera lieu à un projet de loi de programmation militaire qui doit être présenté avant l’été en conseil des ministres.

Ce programme de travail est ambitieux. Le Gouvernement veillera à le mettre en œuvre avec méthode, cohérence et pédagogie. Le Président de la République pourra compter sur la mobilisation de l’ensemble du Gouvernement au service des Français pour cette nouvelle année.

• Vendredi, janvier 04th, 2013

Nous devons bâtir un « nouveau modèle français », compétitif et solidaire. Tout doit être mis en œuvre pour l’emploi, comme l’a exigé le président de la République.

> Le rétablissement des comptes publics : un préalable
Le rétablissement des comptes publics sera poursuivi en 2013. C’est la condition pour rétablir nos marges de manœuvre, et c’est la contrepartie légitime de l’effort fiscal demandé aux Français.

> La bataille pour l’emploi
- Le gouvernement est pleinement mobilisé : emplois d’avenir, contrats de génération et négociation sur la sécurisation de l’emploi, dont le gouvernement souhaite qu’elle débouche sur un accord ambitieux.
- La bataille pour l’emploi exige de renforcer l’économie française. C’est le sens du pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi.
- La finance devra être mise davantage au service de l’économie : la réforme bancaire sera débattue au Parlement dès le mois de janvier.

> Préparation de l’avenir
Le gouvernement s’investit dans la préparation de l’avenir avec le projet de loi de refondation de l’école de la République, un projet de loi sur l’enseignement supérieur et la recherche, la transition énergétique et la mise en place de la stratégie d’investissement annoncée par le Président de la République.

> Vie quotidienne des Français
- Nous continuerons à agir pour améliorer la vie quotidienne des Français : règles de revalorisation du SMIC, plan pluriannuel contre la pauvreté, projet de loi relatif à la protection des consommateurs et loi sur l’urbanisme et le logement.
- Nous poursuivrons notre lutte contre les déserts médicaux pour permettre un même accès aux soins partout sur le territoire et renforcerons notre système de protection sociale.

> Modernisation de l’action publique
La modernisation de l’action publique sera poursuivie, avec un premier programme d’évaluation de 40 politiques publiques. Le projet de loi de décentralisation sera présenté en conseil des ministres au mois de mars. Nous renforcerons les services publics dans les zones rurales et défavorisées.

> Libertés et institutions
- Nous renforcerons l’indépendance de la justice et l’efficacité de la politique pénale.
- Le gouvernement présentera au premier trimestre les dispositions relatives au non-cumul des mandats.
- Un projet de loi-cadre relatif aux droits des femmes sera présenté au mois de mai. Les débats au Parlement sur le projet de loi sur le mariage et l’adoption pour tous les couples débuteront à la fin du mois de janvier.
- Fin de vie : un projet de loi sera présenté avant la fin du mois de juin.
- Politique d’immigration et d’intégration : juste, ferme et équilibrée.
- Les prochains mois seront consacrés au déploiement des nouvelles zones de sécurité prioritaires.
- Le livre blanc sur la défense et la sécurité nationale sera achevé fin février. Il donnera lieu à un projet de loi de programmation militaire.

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• Vendredi, janvier 04th, 2013

Tribune du Premier ministre dans le Monde

Renouveler en profondeur le modèle français

> « Au cours de deux siècles d’histoire républicaine, nous avons progressivement édifié un modèle politique, social et économique fondé surquelques principes simples, mais d’immense portée : la Liberté, l’Egalité, la Fraternité. Or, ce modèle est aujourd’hui fragilisé (…) Le monde traverse une période de mutation. »

> « Certains, à droite, appellent à « la rupture » (…) D’autres réclament le statu quo ou le retour en arrière (…) C’est sur une autre voie que le président de la République veut engager notre pays : renouveler en profondeur le modèle français pour l’adapter au temps présent et donner une nouvelle réalité à ses valeurs républicaines fondatrices. »

> « La crise que nous traversons est d’abord économique et sociale. La tentation est grande d’en reporter la responsabilité sur autrui, d’accuser la libéralisation des échanges commerciaux et financiers (…) Il n’est pas question de nier les dangers du néolibéralisme et du capitalisme financier (…) Mais n’oublions pas que la mondialisation est aussi l’occasion d’élargir la diffusion de nos produits, d’attirer des entreprises et des emplois et de bénéficier d’innovations venues d’ailleurs. La France, avec ses 120 000 industries exportatrices et sa créativité intacte, n’a aucun intérêt à se replier sur elle-même. »

Feuille de route

> « Les pays scandinaves et l’Allemagne ont su rendre leur appareil économique plus performant. A nous d’y parvenir sans renoncer à notre système social protecteur (…) Soyons audacieux pour procéder aux réformes nécessaires : c’est ainsi que nous rendrons notre modèle économique et social plus compétitif et plus solidaire. »

> « Le gouvernement a fait le choix d’une méthode : le dialogue (…) Cette méthode est la condition de réformes intelligentes et durables. »

> « Le gouvernement a (…) entrepris immédiatement un effort de redressement budgétaire et de rénovation de l’action publique. »

> « Pour lutter contre le chômage, (…) d’ores et déjà, les organisations syndicales et patronales ont soutenu la création des emplois d’avenir et défini les modalités du contrat de génération. La négociation sur la sécurisation de l’emploi doit aboutir à d’autres compromis novateurs. »

> « Nous ne saurions nous dispenser d’une politique industrielle ambitieuse (…) C’est une stratégie de montée en gamme que poursuit le gouvernement au travers du pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi. »

> « Pour ceux qui peinent à trouver leur place dans notre économie (…), l’Etat doit renforcer ses politiques de solidarité (…). La compétitivité et la solidarité ne sont nullement antinomiques. »

> « Notre nouveau modèle de développement doit apporter une réponse raisonnée aux défis écologiques (…) Voilà pourquoi nous avons lancé un débat national sur la transition énergétique, et travaillons à la mise en place d’une tarification progressive de l’électricité et du gaz. »

> « Réinventer le modèle français, c’est enfin accomplir dans tous les domaines la promesse républicaine de l’égalité (…) C’est donner à tous nos enfants les mêmes chances de réussir (…) C’est lutter sans relâche (…) contre les discriminations liées à l’origine sociale ou ethnique, à l’identité ou à l’orientation sexuelle (…) C’est promouvoir la laïcité face à la montée des communautarismes, et renouer avec notre tradition d’intégration (…) C’est assurer l’égalité des territoires dans l’accès aux services publics. (…) C’est garantir à chaque citoyen le droit à la sécurité. C’est réformer nos institutions pour que nos concitoyens n’aient plus le sentiment d’être dirigés par une classe politique lointaine, qui concentre excessivement les pouvoirs. »

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